Affaire Hissène Habré : un groupe de juristes africains va proposer des solutions à l'Union africaine
25 January 2006, Le Soleil (Dakar)
Un groupe de juristes africains va proposer des solutions à l'Union africaine après avoir étudié et analysé l'ensemble des éléments de l'affaire Hissène Habré.
Le président de la Commission de l'Union africaine est chargé de former un groupe de juristes africains pour analyser l'ensemble des éléments et proposer des solutions à l'Union africaine sur le cas Hissène Habré.
Ce dernier est un ancien président de la République du Tchad qui réside au Sénégal depuis 1990. Depuis quelque temps, un juge belge, agissant sur requête de plusieurs personnes qui se disent être des victimes de son régime, demande son extradition en Belgique pour y être jugé.
La chambre d'accusation de la Cour d'appel de Dakar, qui, au mois de novembre dernier, statuait sur la base d'un mandat international lancé contre Hisséne Habré s'était déclarée incompétente.
Les autorités sénégalaises permettaient ainsi à M. Habré de continuer son séjour dans ce pays jusqu'à la prochaine réunion au sommet des chefs d'État de l'Union africaine. Une manière, pour le président de la République, Me Abdoulaye Wade, de demander à ses pairs de prendre leurs responsabilités concernant l'affaire Hissène Habré.
C'est ce qui a été fait à Khartoum au Soudan au cours du sommet des chefs d'États de l'Union africaine qui a pris fin hier. Le président de la République Me Abdoulaye Wade qui est revenu hier soir de Khartoum l'a encore confirmé. " Nous avons adopté, sur le cas Habré, un texte pour confier au président de la Commission de l'Union africaine, M. Alpha Oumar Konaré, la mission de former un groupe de juristes africains pour analyser l'ensemble des éléments et proposer à l'Union africaine des solutions ", déclare Me Abdoulaye Wade, peu après sa descente d'avion, hier, tard dans la soirée.
En clair, il appartient à ce groupe de juristes africains à former de dire ce qu'il faudra faire du cas Habré qui, en attendant, ne sera ni envoyé au Tchad ni en Belgique. Hissène Habré restera entre temps au Sénégal. Mais, il sera jugé, avertit le président Wade. " J'espère simplement que les juristes vont travailler très vite, écouter toutes les parties, se rendre sur les lieux et avoir des éléments de preuves ", a encore souligné le président de la République qui a tenu à rappeler que ce n'est pas un problème sénégalais, mais une affaire bien africaine. Ce qui a d'ailleurs motivé sa décision de soumettre ce cas devant ses pairs de l'Union africaine.
Revenant sur les autres temps forts du Sommet de Khartoum, Me Abdoulaye Wade a indiqué qu'ils ont été " intenses et positifs ". C'est ainsi qu'il a annoncé l'organisation à Dakar, dans les prochains mois, d'une réflexion approfondie sur les structures, le financement et les orientations du NEPAD, comme en ont décidé les chefs d'Etat présents à Khartoum.
Ils ont aussi obtenu l'accord de la Banque Africaine pour le Développement (BAD)pour financer les études sur les grands projets du NEPAD comme les routes, chemins de fer et ponts.
Le président de la République a aussi expliqué davantage, devant ses pairs son point de vue sur la place de l'Afrique dans la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies. " Ils ont tous compris et accepté d'adopter mon point de vue ", a déclaré Me Abdoulaye Wade.
Il s'est par ailleurs rendu au chevet des huit militaires sénégalais blessés au Darfour et a tenu à rassurer le peuple en estimant qu'aucune vie n'est en danger.
Durant ce sommet, il faut rappeler que les dirigeants africains ont élu le président Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville comme président en exercice de l'Union africaine (UA) pour succéder au chef de l'Etat nigérian Olusegun Obasanjo, qui a dirigé l'Union pendant 18 mois.
Back
|