La Commission européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI) lancent un fonds fiduciaire pour financer les infrastructures en Afrique
09 February 2006, Commission européenne
Le commissaire européen chargé du développement et de l’aide humanitaire, Louis Michel, et le président de la Banque européenne d'investissement, Philippe Maystadt, ont signé un protocole d'accord relatif à la création d'un fonds fiduciaire pour soutenir les infrastructures en Afrique. Ce fonds est un outil financier du partenariat EU-Afrique pour les infrastructures, un des piliers de la nouvelle stratégie de l’Union européenne pour l’Afrique, proposée par la Commission et approuvée par le Conseil européen en décembre 2005. Lors de la phase de lancement (2006/2007), la Commission et la BEI prévoient de mobiliser respectivement près de 60 millions d'euros de subventions et 260 millions de prêts pour la gestion du fonds. La participation au fonds fiduciaire est ouverte aux États membres de l’UE et à leurs agences de développement et institutions financières.
L’infrastructure est un élément essentiel du développement durable, de la croissance économique et de la lutte contre la pauvreté, dans le droit fil des objectifs du millénaire pour le développement. Aucune croissance stable n’est possible sans un solide réseau d’infrastructures de transport, d’énergie, d’eau et de technologies de l’information et de la communication (TIC). Lors du lancement de cette nouvelle initiative pour le développement en Afrique, Louis Michel s’est exprimé en ces termes: « Ceci est un outil innovant qui peut être déterminant dans la volonté de soutenir une action depuis longtemps sollicitée par l’Afrique. Il est impossible à un bailleur de fonds seul de relever l'énorme défi de financer les infrastructures de base du continent. Aussi devons-nous joindre nos efforts, chacun dans sa compétence. J'invite tous les États membre à mobiliser un montant important dans le cadre de leurs engagements récents afin d’augmenter l’aide attribuée à ce projet ambitieux ».
Le fonds fiduciaire répond à la demande instante de l’Afrique de mettre en place des infrastructures pour dynamiser les échanges et la croissance. Les actions prioritaires portent sur la construction de réseaux transafricains de transport, d’énergie, d’eau et de TIC. Le principe d’appropriation du projet par les bénéficiaires est fondamental dans cette initiative. C’est pourquoi les institutions et les partenaires africains sont étroitement associés au processus.
On estime nécessaire de doubler l'investissement actuel en infrastructure en Afrique, en procédant à une première augmentation de 8 milliards d’euros par an jusqu’en 2010, puis en portant celle-ci à 16 milliards durant les cinq années suivantes. La mise à disposition de tels montants nécessitera un relèvement des subventions accordées par l'aide publique au développement, mais aussi l'application effective de stratégies de prêt par les institutions de financement du développement et la mobilisation de capitaux privés.
En octobre 2005, la Communication de la Commission relative à la nouvelle stratégie de l’UE pour l’Afrique, a reconnu que l’accès limité aux transports, à la communication, à l’eau et aux services d’assainissement et d’énergie, constituait une entrave majeure à la croissance économique. Dans le but d’améliorer la situation, la Commission a proposé la mise en place d’un partenariat EU-Afrique pour les infrastructures afin de favoriser l'interconnexion, faciliter l'intégration régionale et promouvoir les « échanges sud-sud ».
La sélection des projets s’effectuera en accord avec les priorités énoncées par l'Union africaine et le nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD).
Le fonds fiduciaire constituera une initiative européenne qui attirera le financement des États membres de l’UE et augmentera la visibilité de l’Union européenne dans un secteur clé du nouveau programme d’action pour le développement. La gestion de ce fonds sera basée sur la coordination, la cohérence et la complémentarité avec d'autres bailleurs de fonds dans ce domaine, permettant à l’UE de porter d’une voix forte sa vision et sa stratégie communes. Cette convergence est au cœur de la Déclaration sur la politique de développement, signée en décembre dernier par la Commission européenne, le Conseil et le Parlement.
Le partenariat entre la Commission européenne et les États membre de l’UE, en tant que donateurs d’aide non remboursable, d’une part, et le BEI et les institutions de financement du développement, d’autre part, permettra d’augmenter les volumes de ressources – allant jusqu’à les quadrupler ou les quintupler, selon des études préalables – et entraînera une progression considérable des financements destinés à l’infrastructure. L’association des subventions et des prêts se fera sous forme de bonification d’intérêts, de garantie de risques ou d’autres outils appropriés. Le fonds fiduciaires tiendra également compte des activités liées à la préparation et au co-financement de projets, et au renforcement des capacités, qui sont susceptibles de recevoir un soutien financier sous forme de subventions.
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